
Saint-Philippe
Saint-Philippe
Entre coulées du Piton de la Fournaise et forêt tropicale jusqu'à l'océan, Saint-Philippe incarne le sud sauvage authentique de La Réunion.
Nichée à l'extrême sud-est de La Réunion, Saint-Philippe est une commune où la forêt primaire descend jusqu'à l'océan. Coincée entre les coulées du Piton de la Fournaise et la mer, elle déroule la fameuse route des laves, des sentiers botaniques uniques au monde et des champs de vanille parfumée. Loin du tumulte balnéaire, ce territoire de 15 413 hectares pour 5 000 habitants incarne le sud sauvage de La Réunion dans ce qu'il a de plus authentique.
Saint-Philippe en bref
| Région | Sud sauvage, île de La Réunion |
| Superficie | 15 413 ha |
| Population | ~5 000 habitants |
| Climat | Tropical Aw — 23 °C de moyenne, 1 230 mm/an |
| Accès | RN2 (route des laves), 1 h de Saint-Pierre, 1 h 45 de Saint-Denis |
| À ne pas manquer | Forêt de Mare Longue, cap Méchant, route des laves, vanille de Saint-Philippe |
| Saison idéale | Mai à novembre (saison sèche) |
Histoire de Saint-Philippe
L'endroit où fut fondée la ville de Saint-Philippe faisait auparavant partie du territoire de Saint-Joseph. Recouvert par une forêt dense, le lieu était un vaste terrain de chasse. Les premiers colons s'y établirent sous l'influence de Joseph Hubert. Les deux premières concessions furent délimitées en 1735. En 1785, un nouveau morcellement fut entrepris au profit de 125 personnes.
En 1822, un second adjoint au maire de Saint-Joseph fut désigné afin de gérer le territoire de la commune située entre la Ravine du Tremblet et Basse Vallée. L'endroit fut nommé section du Baril d'après la ravine qui la marquait. En 1823, une première chapelle en bois fut édifiée sur les lieux.
En 1830, une ordonnance de Louis Philippe fit de la dite section la commune de Saint-Philippe, une appellation rendant honneur au roi. Le territoire s'étendait de Basse Vallée aux limites du pays Brûlé. À l'époque, la pêche et la forêt constituaient les principales ressources des habitants. La culture du maïs et du café y étaient prédominantes. À l'inverse de la situation dans les autres communes réunionnaises, le nombre d'esclaves étaient largement inférieur à celui des hommes libres, malgré l'abondance de travail.
L'exploitation de la canne à sucre quant à elle se développa à Saint-Philippe au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. L'ère de la vanille débuta après que l'esclave Edmond Albius eu découvert la fécondation artificielle de cette épice en 1841 — une innovation qui transforma durablement l'économie locale et fit de la région un haut lieu de la production vanillière.
Saint-Philippe aujourd'hui
Sur son territoire de 15 413 ha, Saint-Philippe abrite une population d'environ 5 000 habitants. La commune se niche entre la borne Hubert de Lisle et la ravine de Basse Vallée, couvrant une grande partie du massif volcanique. Les sols basaltiques, plus ou moins fertiles selon l'âge des coulées, expliquent la diversité de la flore locale.
Malgré une côte escarpée et une mer souvent agitée, la vocation maritime de Saint-Philippe reste centrale. La pêche y est à la fois une tradition et une activité industrielle. L'océan y est plutôt généreux, peuplé par des cabots de fond, des thons, des zomars, des bonites et des vivaneaux que vous retrouverez sur les étals du marché et dans les caris locaux.
L'autre identité forte de la commune, c'est la vanille. Cultivée sous ombrage dans la zone des filaos, la vanille de Saint-Philippe est réputée pour son arôme rond et ses gousses charnues. Plusieurs producteurs ouvrent leurs champs à la visite et expliquent le geste précis de la fécondation manuelle hérité d'Edmond Albius.
La forêt primaire et ses quatre zones
La forêt de Saint-Philippe s'est développée sur les coulées de La Fournaise et constitue la plus grande réserve naturelle intacte de l'île. Du volcan à la mer, elle comprend quatre zones distinctes, étagées selon l'altitude.
La zone des vacoas se déroule sur une bande de 50 m. En plus de protéger des embruns, ces grandes plantes en forme de parasol servent pour les activités artisanales locales, notamment pour la fabrication de cloisons et de ballots à letchis. De nombreux artisans les exploitent également pour confectionner des objets de décoration : luminaires, porte-objets, mobiles, sacs.
La zone des filaos occupe une superficie de 360 ha dont un tiers est exploité, par rotation pendant dix ans, par les producteurs de vanille. La zone des bois de couleur se situe à 700 m d'altitude environ. Cette partie abrite une riche variété de plantes, pour ne citer que le bois noir, le benjoin, le Grand Natte, la cannelle et le Takamaka. La zone des palmistes surplombe la forêt.
Sites emblématiques
Le Puits des Anglais et ses vestiges datent du XIXe siècle. Construit en pierres taillées, ce puits a jadis été utilisé pour recueillir l'eau coulant sur les pentes du volcan. Un espace vert et une piscine d'eau de mer y ont été aménagés, parfaits pour un pique-nique en famille.
Le cap Méchant, situé sur le territoire communal de Saint-Philippe le long d'une côte déchiquetée frappée par la houle, trouve en contrebas le puits des Français, profond d'une dizaine de mètres et encombré de débris végétaux. La vue sur les falaises basaltiques battues par l'océan figure parmi les plus saisissantes du sud sauvage.
Le sentier botanique de la forêt de Mare Longue mène à un jardin de 3 ha jonché d'épices et de plantes parfumées. La vanille y pousse en liane sur les arbres-tuteurs, et l'air sature de senteurs d'épices à chaque pas.
L'écomusée Au Bon Roi Louis, établi dans une vieille résidence créole, retrace l'histoire de la commune et de La Réunion. Sur place, vous pouvez participer aux ateliers de tressage du vacoas, savoir-faire transmis de génération en génération.
Que faire à Saint-Philippe ?
Nature et randonnée
La randonnée Mare Longue reste l'incontournable : une boucle ombragée à travers la dernière forêt tropicale de basse altitude de l'île, accessible à tous niveaux. Plus au nord, Le Tremblet permet de marcher sur la coulée 2007, l'une des plus spectaculaires éruptions récentes du Piton de la Fournaise — un paysage lunaire où la lave a englouti la RN2 sur près d'un kilomètre.
Culture et patrimoine
L'écomusée Au Bon Roi Louis, les ateliers de tressage du vacoas et la visite d'une exploitation vanillière forment un trio cohérent pour comprendre l'identité créole de la commune. Comptez une demi-journée pour faire les trois sans courir.
Littoral et pique-nique
Le Puits des Anglais et le cap Méchant offrent deux ambiances complémentaires : la première, familiale et aménagée, la seconde plus brute, idéale en fin de journée quand la lumière rase les falaises.
Saveurs locales
La pêche au gros se pratique au départ du petit port. Côté assiette, ne manquez pas le cari de zomar ou de vivaneau, accompagné de riz et de rougail. La vanille parfume aussi les desserts créoles : flans, crèmes brûlées, rhums arrangés.
Comment s'y rendre et se déplacer
La route des laves (RN2) relie Saint-Philippe à l'ensemble de l'île. Depuis l'aéroport de Saint-Denis, comptez environ 1 h 45 par l'est en passant par Sainte-Rose et Le Tremblet — le trajet le plus spectaculaire, avec traversée des coulées récentes. Depuis Saint-Pierre au sud, la route via Saint-Joseph prend une heure.
Une voiture de location reste la solution la plus pratique : les sites sont dispersés et les bus du réseau Car Jaune passent rarement. Sur place, la commune se parcourt en voiture, avec quelques sentiers à faire à pied (Mare Longue, cap Méchant).
Où dormir à Saint-Philippe
L'offre d'hébergement reflète l'esprit du sud sauvage : intime, locale, à taille humaine. Pas de grands complexes ici, mais des gîtes Saint-Philippe et des chambres d'hôtes tenues par des familles créoles.
- Chambres d'hôtes et gîtes (15-30 €/nuit) : la formule la plus répandue, souvent chez l'habitant, avec table d'hôtes au menu créole. Idéal pour une immersion locale.
- Petits hôtels et lodges de charme (60-120 €) : quelques adresses nichées en lisière de forêt, avec piscine et vue sur l'océan. Un bon compromis confort-authenticité.
- Locations entières (80-150 €) : villas créoles ou bungalows en bois, parfaits en famille ou pour un séjour de plusieurs nuits.
Réservez tôt en haute saison (juillet-août, vacances scolaires) car les capacités sont limitées.
Climat et quand partir
Saint-Philippe hérite d'un climat tropical de type Aw selon la classification de Köppen-Geiger. La pluviométrie indique des précipitations beaucoup plus importantes en été qu'en hiver, avec une moyenne annuelle de 1 230 mm. La température annuelle moyenne est de 23 °C.
De mai à novembre (hiver austral), le temps est sec, les températures douces (20-25 °C) et la mer plus calme. C'est la période idéale pour la randonnée et la visite de la forêt de Mare Longue.
De décembre à avril (été austral), l'humidité grimpe, les averses sont fréquentes et la saison cyclonique court de janvier à mars. La végétation est alors d'un vert éclatant, mais certains sentiers peuvent être boueux ou fermés.
Conseils insider
- Prévoyez un coupe-vent même en saison sèche : le sud-est est exposé aux alizés et la fraîcheur surprend en forêt.
- Achetez la vanille directement chez le producteur : le prix est plus juste et vous repartirez avec des conseils de conservation et de cuisine.
- Faites Mare Longue tôt le matin : la lumière filtrée à travers la canopée est magique avant 10 h, et vous éviterez les groupes.
- Le cap Méchant en fin d'après-midi : la lumière rasante sur les falaises noires vaut le détour.
- Goûtez le rhum arrangé maison dans les tables d'hôtes — chaque famille a sa recette à la vanille.
Conseils transmis par notre expert local de l'agence, qui sillonne le sud sauvage depuis plusieurs années.
Pour qui est faite cette destination ?
- Les amoureux de nature : forêt primaire, sentiers botaniques, faune endémique.
- Les voyageurs en quête d'authenticité : peu de tourisme de masse, beaucoup d'échanges avec les habitants.
- Les passionnés de volcanisme : la coulée 2007 et la route des laves sont à 20 minutes.
- Les gourmets curieux : vanille, pêche, cuisine créole sans filtre.
- Les familles : pique-nique au Puits des Anglais, ateliers de tressage à l'écomusée.
Saint-Philippe convient moins aux voyageurs cherchant plages de sable blanc et vie nocturne — pour cela, mieux vaut la côte ouest.
Questions fréquentes
Une journée complète permet de voir l'essentiel (Mare Longue, cap Méchant, écomusée). Pour profiter pleinement de la forêt et rencontrer un producteur de vanille, comptez deux jours avec une nuit sur place.
Oui, la commune est adossée au massif volcanique. La route des laves entre Saint-Philippe et Sainte-Rose traverse les coulées récentes, dont celle de 2007 au Tremblet. Pour accéder au Pas de Bellecombe (point de vue sur le cratère), comptez 2 heures de route via la plaine des Cafres.
De mai à novembre (hiver austral), le temps sec et les températures douces sont idéaux pour la randonnée. Évitez janvier-mars, période cyclonique, où certains sentiers ferment.
La côte est rocheuse et la mer souvent agitée. La piscine d'eau de mer du Puits des Anglais reste l'option la plus sûre. Pour la baignade en mer, il faut rejoindre Grand Anse ou Saint-Pierre.
Directement chez les producteurs, dans la zone des filaos. Plusieurs exploitations proposent des visites avec dégustation. Évitez les boutiques touristiques génériques où la traçabilité est moins claire.
Oui, c'est fortement recommandé. Les bus Car Jaune desservent Saint-Philippe mais avec des fréquences limitées, et les sites (Mare Longue, cap Méchant, vanilleraies) sont dispersés sur le territoire communal.
À découvrir aussi
Saint-Philippe s'inscrit dans un itinéraire plus large à travers le sud sauvage de l'île. Pour préparer votre voyage et découvrir d'autres facettes de la destination, consultez notre guide complet sur La Réunion.
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